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À Nantes !!Lis et rature !
- Tryphon
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- bzhyoyo
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Re: Lis et rature !
"For every complex problem there is an answer that is clear, simple, and wrong." - H.L. Mencken
«Tous ces gens qui nous ont chié dessus pendant des années, putain, mais prenez conscience de ça, qu’on est un putain de bon club.» Romain Danzé
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Ru ha Du
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Re: Lis et rature !
Minorité majoritaire, on me dit que je ressemble à Alain de loin
- Tryphon
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Re: Lis et rature !
« Là où la vie emmure, l’intelligence perce une issue (…). L’intelligence ne connaît pas ces situations fermées de la vie sans issue. » Marcel Proust, Le Temps retrouvé.
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Re: Lis et rature !
Pour avoir connu , oui l'intelligence et l'esprit te font sortir des murs.
C'était mon arme dans la cour. Je savais écrire. Et personne ne me touchait mais ils venaient écrire des lettres. Parfois d'amour.
C'est là que tu vois le niveau scolaire de nos jours.
C'était mon arme dans la cour. Je savais écrire. Et personne ne me touchait mais ils venaient écrire des lettres. Parfois d'amour.
C'est là que tu vois le niveau scolaire de nos jours.
Notre Dame du Verger veillez sur vos fils.
Ca ne sert a rien d'être gentil avec les gens, de toute façon ils vont mourir.
Je me souviendrai longtemps du jour de ma mort.
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- Droopy2
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Re: Lis et rature !
André Markowicz : « Je suis en guerre contre Poutine »
Le traducteur, installé à Rennes (Ille-et-Vilaine), publie un « Dictionnaire amoureux de Pouchkine », poète préféré des nationalistes russes et détesté à ce titre en Ukraine. Son pied de nez au maître du Kremlin.
Ouest-France Thierry RICHARD.
Alexandre Pouchkine est à la Russie ce que Victor Hugo est à la France : l’icône de la littérature et de la culture de son pays. Il est même plus que ça : le symbole d’une Russie impérialiste et colonialiste qui a imposé des rues à son nom et des statues à son effigie dans chaque ville de l’ancienne Union soviétique.
Le portrait de Pouchkine est encore brandi aujourd’hui à chaque fois que l’armée de Poutine s’empare d’un territoire. Pas étonnant que le poète russe soit une figure honnie en Ukraine, où l’on a rebaptisé les rues et déboulonné à tour de bras les statues de l’auteur d’Eugène Onéguine et de Boris Godounov.
« J’ai appris à parler par Pouchkine »
Une situation difficile à vivre pour André Markowicz, dont la grand-mère russe lui « disait » Pouchkine dès son plus jeune âge, dans l’appartement communautaire de Léningrad (Saint-Pétersbourg). « J’ai appris à parler par Pouchkine », dit l’écrivain et traducteur qui, à 3 ans, avant même de savoir lire, était capable de le réciter par cœur.
À 64 ans, André Markowicz est un spécialiste des écrivains russes. Il a traduit et publié Dostoïevski, Gogol, Tchekhov, Boulgakov… et Pouchkine, bien sûr, qui est « à l’origine de la littérature russe moderne ». Il était tout désigné pour écrire le Dictionnaire amoureux dédié au « poète aux boucles noires », publié en début d’année dans la collection Plon. Certains des amis de l’Ukraine pourraient y voir, au mieux, une imprudence, au pire, une provocation. Sottise !
Contre l’agresseur russe
Depuis le 24 février 2022, Markowicz se tient résolument aux côtés des Ukrainiens contre l’agresseur russe. Il n’en finit pas de dénoncer les « crimes » de Vladimir Poutine sur sa page Facebook qu’il alimente tous les deux jours. « Cette guerre n’est pas une guerre uniquement contre l’Ukraine, mais contre l’Europe et l’idée même de démocratie », prévient-il, inlassablement, dans ses chroniques dont un premier recueil, Un an de guerre (éditions Mesures), paraît en même temps que le Dictionnaire.
André Markowicz voudrait arracher Pouchkine des mains de Poutine et de tous les nationalistes russes qui l’ont récupéré pour en faire une arme de guerre. « Ce qui se passe en ce moment, c’est aussi un crime contre la culture russe », dénonce le traducteur, qui vit à Rennes (Ille-et-Vilaine) depuis 1989. La preuve, il se trouve des gens, et pas seulement en Ukraine, qui appellent à retirer des rayonnages tout livre russe, comme si c’était la langue russe en elle-même qui était responsable.
« La littérature russe n’est pas dans les chars de Poutine »
C’est mal connaître l’histoire de ce pays. « Non, la littérature russe n’est pas dans les chars de Poutine, insiste Markowicz. Elle s’est toujours élevée contre l’inhumanité, la dictature qui, depuis que l’empire russe existe, ont toujours écrasé, étouffé, massacré tout souffle de liberté et de beauté en Russie. Tout mon travail, de plus de quarante ans, a été d’essayer de dire ça : en Russie, le pouvoir a toujours écrasé les gens, et, parmi les gens, les poètes, les artistes, les écrivains. »
Le traducteur accuse Poutine, comme il en accusait les dirigeants soviétiques, de « salir » le peuple russe et sa culture. Son histoire plaide pour lui. Il est né à Prague en 1960 où son père, français d’origine polonaise, était en poste. Sa mère, venant d’URSS, l’y avait rejoint à la fin des années 1950, à une époque où l’on remerciait encore le grand frère russe d’avoir chassé les nazis. Dix ans plus tard, après l’invasion de la Tchécoslovaquie, en 1968, le Russe n’était plus le bienvenu.
André Markowicz n’est retourné qu’une seule fois à Prague, en 1977. « Je me souviens de la façon dont les gens se retournaient sur nous, avec froideur, avec colère, quand ils nous entendaient parler russe. Je pense aujourd’hui avec douleur et honte aux Ukrainiens qui haïront les Russes comme les Tchèques nous haïssaient, nous, dans les rues de Prague, quand je parlais à ma mère en russe », notait-il dans ses chroniques, dès le 26 février 2022.
Il avait 4 ans quand il est arrivé en France, ne sachant pas un mot de français. Depuis, il navigue entre les deux langues, se disant « un écrivain russe qui écrit en français ». Il a gardé en mémoire « les odeurs et les sensations fondatrices » liées à son enfance en Russie. Mais il s’est promis de ne plus retourner dans le pays de Poutine. « Ma vraie patrie, ce sont les écrivains russes, pas les lieux. Mon territoire mental, c’est mon travail, ce lieu de passage d’une langue à l’autre. Je ne reconnais absolument aucun drapeau. »
Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, André Markowicz passe de longues heures derrière son écran d’ordinateur pour scruter les sites d’information émanant de Moscou. D’une chronique à l’autre, le traducteur se montre attentif aux mots, aux intonations, aux sous-entendus qui révèlent les non-dits du projet russe. « Ma mère, qui a 91 ans et lit tout ce que j’écris, m’a dit : “Ty voïouech, tu es en guerre.” Elle a raison, je suis en guerre contre Poutine et je la fais à ma façon. »
Ses dates clés
1960. Naissance à Prague.
1964. Arrivée en France.
1977. Premières traductions du russe en français.
1991. Entame une traduction des œuvres complètes de Dostoïevski en 29 volumes.
2013. Publie ses premières chroniques sur Facebook.
2019. Crée les Éditions Mesures, à Rennes, avec sa compagne, Françoise Morvan.
2025. Publie le Dictionnaire amoureux de Pouchkine (Plon) et Un an de guerre (Mesures).
Alexandre Pouchkine
Considéré comme le père de la littérature russe moderne, Alexandre Pouchkine (1799-1837) fait l’objet d’un véritable culte au pays des steppes et des forêts. Une popularité qu’on a du mal à se représenter en France. « Pouchkine fait partie de la vie quotidienne, explique Markowicz. Si vous êtes au café et que vous partez sans payer, le garçon vous dira : Qui va payer, c’est Pouchkine ? » Il est pourtant moins connu à l’étranger que Tolstoï ou Dostoïevski, sans doute parce que son œuvre est surtout poétique et plus difficilement traduisible. « J’ai mis vingt-huit ans à le traduire. Il y a chez lui une espèce de simplicité douce difficile à retranscrire », indique Markowicz, auteur du Dictionnaire amoureux de Pouchkine, Plon, 581 pages, 28 €.
Chroniques de guerre
André Markowicz tient depuis 2013 une sorte de journal de travail sur Facebook, où il diffuse un texte tous les deux jours. Il est suivi aujourd’hui par plus de 45 000 abonnés. Depuis le 24 février 2022, il consacre l’essentiel de ses chroniques à la guerre en Ukraine. « Je ne pouvais pas ne pas consacrer toute mon énergie à la dénoncer, à essayer de rapporter ce que je voyais », explique le traducteur. Les chroniques de l’année 2022 ont été rassemblées dans un volume unique, Un an de guerre (éditions Mesures, 663 pages, 27 €).
"Quand il se regardait dans une glace, il était toujours tenté de l'effacer." Jules Renard.
- Shala
- Corne verte
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