DÉCRYPTAGE. Au Stade Rennais, les dessous d’un mercato à deux vitesses
Le Stade Rennais en a fini depuis ce mardi 1er septembre 2026 avec son mercato d’été, efficace dans sa première partie, beaucoup plus complexe dans sa deuxième.
Stratégie de constitution du groupe, choix de recrutement, gestion des départs, contraintes économiques liées particulièrement au fair-play financier européen…
Ouest-France a décrypté les dessous d’un mercato qui, comme d’habitude, se jugera à l’usage et selon le niveau de performance de l’équipe.
Le mercato d’été s’est révélé à deux vitesses au Stade Rennais. La première, très rapide et assez limpide, avec pas moins de six recrues validées début juillet. La seconde, plus complexe et tendue, avec notamment la gestion du cas Cresswell et celle des ventes à régler.
Rennes a-t-il réussi son marché ? Cela se juge toujours a posteriori, au regard du terrain, des choix du coach, et des équilibres collectifs qui se créent ou pas pour performer. L’exemple du mercato de l’été 2024, qui avait excité les supporters avant de s’avérer être un four monumental, peut servir de leçon.
Des postes doublés, Cissé et Seidu toujours là
Le Stade Rennais a semblé surtout mué par la volonté de bâtir autour de son ossature un groupe d’une grosse vingtaine de joueurs travailleurs et irréprochables dans l’état d’esprit, avec un peu plus de caractère, adaptable à tous les systèmes (4-3-3, 4-4-2, 3-4-3), et chaque poste est a minima doublé.
Le boulot sur les joueurs que le club voulait faire sortir a encore été conséquent. Mais les cas Djaoui Cissé et Alidu Seidu n’ont pas pu être réglés.
Pour Seidu, pas grand-chose n’a bougé. Pour Cissé, l’irruption tardive de la Juventus, qui comme révélé sur notre site internet avait avancé ce lundi avec Rennes, n’a pas pu infléchir le dossier.
Strasbourg, dont les relations avec Rennes ne seraient pas au beau fixe depuis que Jacquet a échappé à BlueCo (l’actionnaire du Racing et de Chelsea), avait poussé des discussions, mais n’aurait pas formulé d’offre ferme au bout du compte…
Les deux joueurs restent donc à Rennes, en tout cas pour l’instant. Il y a la possibilité d’un joker pour les clubs français, et plusieurs marchés étrangers restent ouverts : Belgique jusqu’au jeudi 3 septembre, Turquie jusqu’au vendredi 4, Arabie saoudite jusqu’au dimanche 6… Autant d’ouvertures potentielles, pour Cissé (qui dispose d’autres prétendants) comme pour Seidu.
En l’état, ils sont réintégrés au groupe de Franck Haise. Sur le papier, chacun pourrait servir. Mais leur départ semblait budgété, et il n’y aura pas de place pour tout le monde, alors que le club souhaitait aussi libérer quelques strapontins à ses jeunes, qui sont déjà relégués aujourd’hui à la marge.
Quant à Blas, Haise comptait sur lui malgré sa fin de contrat dans un an, et le joueur n’aurait pas poussé quelques contacts. Le coach va l’utiliser soit à droite de l’attaque, soit au milieu.
Une équipe renforcée ?
On verra à l’usage. Rennes a perdu deux joueurs installés de la saison passée (Embolo et Brassier), il les a remplacés par Cresswell et Dia… tout en parvenant à prolonger Lepaul, ce qui n’est pas anodin. L’entrejeu apparaît plus fort, avec l’ajout de Thomasson.
En défense centrale, Rennes mise beaucoup sur Cresswell, notamment sur les aspects impact et leadership, dont le club considérait manquer la saison passée. Il mise autant sur Aït Boudlal, malgré ses erreurs estivales à répétition.
Selon nos informations, le SRFC aurait refusé ce week-end une offre de près de 40 millions d’euros de Fulham pour le jeune Marocain… Un choix osé, et un signe de la confiance énorme vis-à-vis du joueur.
Les doutes ou interrogations se situent surtout sur les côtés, défensifs comme offensifs. Les latéraux auront besoin de monter le curseur, alors que le club n’a pas recruté d’ailier « spécialiste », créatif, pour son 4-3-3 de base. Un constat déjà dressé la saison passée, et qui fait causer.
Rennes, lui, pense avoir des options pour exister sur les ailes, selon les préceptes de jeu de Haise. Et il y a Mayenda : la recrue la plus chère de l’été, formée comme attaquant axial, était vue à son arrivée comme une solution à droite, de par son profil explosif et bon dribbleur. Le coach l’a utilisé dans ce rôle pour la première fois face au Mans dimanche dernier. L’arrivée de Dia devrait l’y maintenir pour de bon…
Une équation économique contraignante
Les contraintes financières liées particulièrement au fair-play financier européen* ont influé sur plusieurs choix sportifs : recrutement de plusieurs joueurs libres (Thomasson, Soumaré, Lemaître), formule de prêt payant pour Cresswell et Dia, départ de quelques gros salaires (Embolo, Fofana, mais aussi Kamara, Gronbaek, Brassier)…
Continuer à baisser la masse salariale était l’un des objectifs, dans un club qui a bénéficié de la vente de Jacquet (environ 63 millions d’euros sans les bonus) pour gonfler ses plus-values sur les transferts : c’est cette variable que le fair-play financier considère dans la colonne recettes, sur une période de trois années.
Ce qui impacte notamment les comptes de Rennes, ce sont les « moins-values » réalisées depuis deux ans sur des ventes de joueurs indésirables, sur lesquels le SRFC doit encore amortir les coûts.
Le club aura aussi le mercato d’hiver pour se réajuster économiquement et sportivement, si besoin. Cet été, Rennes a effectué des cessions estimées autour de 100 millions d’euros, et des achats autour de 35. La vente de Cissé fait défaut en l’état, mais la balance économique apparaît cohérente, par les temps qui courent…
*Un déficit est autorisé jusqu’à 60 millions d’euros sur trois saisons, s’il est couvert par les actionnaires du club. Les dépenses liées aux salaires chargés de l’effectif pro, amortissements transferts (le coût d’un transfert est réparti sur la durée du contrat) et aux commissions d’agents ne doivent pas dépasser 70 % des revenus globaux générés.
https://www.ouest-france.fr/sport/footb ... 0c4eb5e395
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